La Bretagne engage une transition durable cruciale au cœur de son agriculture. Cette mutation conjugue une production alimentaire efficace et la préservation de la biodiversité locale, grâce à l’intégration d’infrastructures agroécologiques et à une réduction ambitieuse des pesticides. Soutenue par la Région à travers l’appel à projets Agriculture Écologiquement Performante, cette dynamique collective rassemble agriculteurs, chercheurs et associations pour expérimenter des pratiques innovantes et résilientes. Les collectifs agricoles bretons adoptent des solutions agroécologiques intégrées, tandis que les éleveurs privilégient l’autonomie alimentaire et un élevage respectueux de l’environnement, répondant aux enjeux économiques et sociaux posés par le secteur.
Agriculture et écologie : la Bretagne en transition durable
La LPO Bretagne promeut une agriculture territoriale diversifiée et favorable à la biodiversité
La LPO Bretagne défend résolument une agriculture qui s’ancre dans la vie des territoires, privilégiant autonomie en intrants et viabilité économique. Cette vision conjugue la production alimentaire avec la préservation du vivant, notamment par l’intégration d’infrastructures agroécologiques variées : haies bocagères, talus, zones humides et prairies permanentes sont autant d’éléments essentiels.
La valorisation de la diversification des fermes favorise des pratiques agricoles qui renforcent la biodiversité locale, participant ainsi à la restauration des écosystèmes. Pour la LPO, la réduction des pesticides s’impose comme une priorité, combinant exigences agronomiques et environnementales pour aboutir à une agriculture respectueuse des équilibres naturels.
Appel à projets AEP : un soutien régional majeur pour la réduction des pesticides
La Région Bretagne soutient fortement la transition agroécologique via l’appel à projets Agriculture Écologiquement Performante (AEP). Cette initiative finance des collectifs d’agriculteurs engagés dans des démarches durables, ciblant impérativement une réduction notable des intrants phytosanitaires.
L’aide peut atteindre 135 000 € avec un taux maximal de 80 % destiné à la coordination, l’expérimentation et l’innovation collective. L’appel encourage des démarches systémiques, combinant innovations techniques, organisationnelles et économiques afin de réduire les pesticides.
La contractualisation entre porteurs de projets et Région assure un suivi strict, avec des critères portant sur l’impact écologique de la réduction des pesticides, l’innovation du projet et la capacité à conjuguer performances économiques et sociales, pour garantir un effet durable.
Les collectifs agricoles bretons innovent pour favoriser la biodiversité et la conservation des sols
Des pratiques variées pour une agriculture durable
Les collectifs d’agriculteurs bretons s’investissent dans des projets diversifiés : agriculture de conservation des sols, réduction des phytosanitaires grâce aux réseaux DEPHY, et intégration d’outils numériques dédiés aux diagnostics agroécologiques. Ces initiatives renforcent considérablement le lien entre pratiques agronomiques et protection des écosystèmes locaux, contribuant à une meilleure résilience des territoires.
Le rôle central des groupes GIEE
Les Groupements d’Intérêt Économique et Environnemental (GIEE) jouent un rôle moteur en Bretagne, développant des projets d’agroforesterie intra-parcellaire, la production de céréales biologiques panifiables relocalisées, et la diversification des systèmes fourragers. Cette approche améliore la résilience écologique, économique et sociale des exploitations.
Une dynamique de coopération et partage de savoirs
La coopération collective et le partage des connaissances sont fondamentaux pour diffuser ces innovations à grande échelle. L’échange entre agriculteurs, chercheurs et autres acteurs du territoire facilite l’adaptation et la pérennisation des bonnes pratiques agroécologiques en région.
Approche des éleveurs bretons pour une autonomie alimentaire et un élevage durable
Autonomie alimentaire par le système herbager
Dans le sud-Finistère et le Morbihan, plusieurs groupes d’éleveurs s’engagent à renforcer leur autonomie alimentaire, en privilégiant un système herbager et une réduction drastique des intrants, qu’ils soient alimentaires, fertilisants ou phytosanitaires. Cette orientation vise à optimiser le lien entre sol, plante et animal.
Valorisation des races locales
L’adaptation des races locales est une stratégie clé, reliant bien-être animal et durabilité des exploitations. Ces races mieux adaptées aux conditions régionales favorisent une production performante tout en respectant les équilibres environnementaux et sociaux.
Vers un élevage durable et résilient
Cette démarche combine performance économique, respect de l’environnement et résilience face aux aléas économiques et sanitaires. Elle soutient notamment la préservation des sols et la diversité biologique, autant d’atouts indispensables pour un élevage durable.
Éleveurs bretons en pâturage avec diversité de races locales et haies bocagères en arrière-plan.
Stratégies intégrées pour la réduction des phytosanitaires en Bretagne
Alternatives concrètes au glyphosate
Les pratiques alternatives au glyphosate se développent activement, intégrant des techniques comme le travail superficiel des sols, la gestion mécanique des adventices et le désherbage mécanique. Ces méthodes répondent à la nécessité de réduire l’usage des herbicides sans compromettre la productivité.
Recherche participative et essais en agriculture
Les groupes Déphy et le collectif 30 000 conduisent des recherches participatives et des essais pour tester et optimiser ces pratiques novatrices. Cette collaboration entre agriculteurs et chercheurs est un levier essentiel pour l’innovation ciblée.
Réduction des impacts chimiques par une approche combinée
La combinaison de techniques agronomiques innovantes et l’implication collective favorise une réduction significative des impacts chimiques dans l’agriculture bretonne. Ce travail s’inscrit dans une logique de durabilité à long terme, attentive à la fois aux enjeux environnementaux et sociaux.
Le rôle clé de la mobilisation collective dans la transition agroécologique bretonne
La transition agroécologique en Bretagne s’appuie sur une dynamique forte et collective associant agriculteurs, chercheurs, associations, citoyens et institutions locales. Cette coopération favorise la diffusion des savoirs et des innovations en réponse aux défis locaux.
- Favoriser l’échange de connaissances, la formation continue et la coopération interprofessionnelle.
- Impliquer tous les acteurs pour innover et adapter les pratiques au contexte territorial.
- Reconnaître que la responsabilité environnementale dépasse les exploitations individuelles et implique une transformation globale du système agro-industriel.
- Utiliser les collectifs agricoles comme cadre d’expérimentation, capitalisation et diffusion des innovations agroécologiques.
Cette mobilisation collective constitue un levier déterminant pour réussir la transition agricole sur le long terme, en harmonisant performance économique et préservation des milieux naturels.
Les enjeux économiques et sociaux au cœur de la stratégie agricole bretonne 2024
La Bretagne demeure un pilier de la production française notamment pour la viande porcine, la volaille et le lait. Ces secteurs subissent des pressions économiques fortes et doivent répondre à des exigences environnementales accrues.
Les agriculteurs bretons font face à un double défi : conserver une compétitivité à l’export tout en respectant des normes environnementales strictes. Ce dilemme complexifie la transition mais renforce la nécessité d’un modèle équilibré.
Adoptée en février 2024, la stratégie agricole régionale oriente son action vers un soutien renforcé aux exploitations conciliant performance économique, sociale et écologique, dépassant l’opposition classique entre productivité et durabilité.
Le dispositif innovant soutient particulièrement les agriculteurs engagés grâce à des aides financières et des démarches collectives, appelant à une réforme globale du système agro-industriel pour garantir des revenus stables et valoriser équitablement la création de valeur.